Choulamit KAUFMAN
Le foyer … Notre sanctuaire
Dans le judaïsme, la maison n’est pas qu’un lieu de passage. Elle est un espace de transmission, de paix, de protection. Créer une atmosphère chaleureuse n’est pas une question de moyens, mais d’intention.
Lumière, matières et simplicité
Trois piliers transforment un intérieur :
La lumière Lumières chaudes, lampes indirectes, bougies.
Les matières Bois, tissu, céramique, matières naturelles.
La simplicité Éviter l’encombrement visuel.
« La paix aime les espaces simples. »
Objets porteurs de sens
Livres
Cadres avec citations
Objets liés aux fêtes
Ces éléments racontent une histoire et donnent une âme au lieu.
Dans la pensée du Rabbi de Loubavitch (Menahem Mendel Schneerson), le foyer n’est pas seulement un lieu de résidence, mais un véritable « Mikdach Méat » (un Sanctuaire en miniature ).
Le foyer n’est pas seulement un lieu de résidence, mais un véritable sanctuaire
Le Rabbi de Loubavitch
Cette vision repose sur l’idée que la sainteté ne doit pas rester confinée à la synagogue ou à la maison d’étude, mais doit imprégner le quotidien le plus concret.
Voici les points clés de son enseignement sur le foyer comme sanctuaire :
La Présence Divine au cœur du quotidien
l’Exode dit : « Ils me construiront un Sanctuaire et je résiderai parmi eux » . Le Rabbi souligne que le texte ne dit pas « en lui » (le Sanctuaire) , mais « en eux » (chaque individu et chaque foyer) .
L’idée : Chaque action domestique — manger, dormir, discuter — peut devenir un acte de service divin si elle est faite avec la bonne intention.
Le but : Transformer la maison physique en une demeure pour l’Essence de Dieu ici-bas (Dira BeTahtonim ).
Les « Gardiens » du Sanctuaire
Pour que le foyer devienne un sanctuaire, il faut mettre en avant des outils concrets qui purifient l’atmosphère de la maison :
La Mezouza : Elle est la « sentinelle » à la porte, rappelant la protection divine et la nature sacrée de ce qui se passe à l’intérieur.
Les Livres de Sainteté : Le Rabbi encourageait chaque foyer à posséder au moins un Pentateuque (Houmach), un livre de Psaumes (Tehillim) et un livre de prières (Siddour). Leur simple présence physique influence spirituellement les habitants.
La Boîte de Tsédaka (Charité) : Placer une boîte de charité dans la cuisine ou le salon transforme la maison en un lieu de générosité constante.
Le rôle central de la femme
Le Rabbi accordait une importance primordiale à la femme juive, qu’il appelait « Akeret HaBayit » (le pilier du foyer).
Elle est celle qui définit l’atmosphère spirituelle de la maison.
Les bougies de Chabbat : En allumant les bougies, la femme fait entrer la lumière physique et spirituelle dans le sanctuaire domestique, apportant la paix (Chalom Bayit ).
L’éducation : Faire du foyer une « école »
Pour le Rabbi, le foyer est le premier lieu d’éducation.
Un enfant doit voir ses parents étudier et prier.
L’atmosphère doit être remplie de mots de Torah pour que l’enfant se sente naturellement dans un environnement de sainteté.
En résumé : Une vision optimiste et forte
Le Rabbi enseigne que nous ne devons pas fuir le monde matériel pour trouver Dieu. Au contraire, c’est en élevant notre table de cuisine , nos interactions familiales et nos objets matériels que nous accomplissons la mission de la création : faire de ce monde un jardin pour le Divin.
« Une maison remplie de livres de Torah et d’actes de bonté est un phare qui éclaire non seulement ses habitants, mais tout le quartier environnant. »
Le Rabbi de Loubavitch
Conclusion
Une maison chaleureuse n’est pas parfaite. Elle est vivante, habitée, parfois désordonnée, mais profondément accueillante.
Choulamit Kaufman
Choulamit KAUFMAN